MÉMOIRES D’ÉLÉPHANT : DUMBO FAIT SON CIRQUE A DISNEYLAND PARIS

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En 1941, Walt Disney nous racontait l’histoire d’un petit éléphanteau pas comme les autres, qui inversa son destin en faisant d’un sujet de moquerie – ses oreilles d’une taille inhabituelle – un pouvoir extraordinaire, celui de voler. Cette aventure profondément touchante a toujours tenu une place à part dans le cœur de Walt Disney à tel point qu’il envisagea dès 1954 de l’intégrer au parc à thème qu’il était alors en train de créer, Disneyland.

Aujourd’hui, d’Anaheim à Tokyo, chaque destination Disney célèbre à sa manière à ce film emblématique. A Disneyland Paris, deux attractions lui sont consacrées et au fil des années, plusieurs spectacles lui ont également rendu hommage.

La sortie en salles de la version « live » signée du visionnaire Tim Burton (qui avait déjà mis en scène l’adaptation d’un autre Classique, Alice au Pays des Merveilles, en 2010) était l’occasion idéale de revenir sur les différentes évocations de Dumbo à Disneyland Paris.

PETIT FILM DEVIENDRA GRAND

Après l’ambitieux Fantasia (1940), Walt Disney cherche, pour son prochain film, à revenir à une certaine simplicité. La légende veut d’ailleurs que l’histoire de Dumbo ait été découverte par un scénariste du Studio sous la forme d’une bande-dessinée imprimée au dos d’une boîte de céréales. Qu’importe que le format soit cours, Walt perçoit dès le départ que tous les ingrédients sont là pour en faire un grand film, en particulier cet équilibre entre le rire et les larmes qui fait depuis toujours sa signature. Le cadre du cirque est en effet le lieu idéal pour des scènes hilarantes, que ce soit la réalisation incroyable de la pyramide d’éléphantes ou encore les facéties des différents animaux de la ménagerie. Et du côté de l’émotion, le film va à l’essentiel. La simplicité des décors permet de se concentrer sur les personnages dont les sentiments sont traités avec une subtilité et une pudeur inédites en animation – en particulier dans la séquence « Mon Tout Petit », dans laquelle le visage de la maman n’apparaît pas à l’écran et où la tristesse d’être séparée de son enfant ne transparaît qu’à travers les mouvements de sa trompe.

Nul doute dans ces conditions que Dumbo ait bouleversé et ravi le cœur de générations de spectateurs, à l’image du général Stilwell dans 1941, le film parodique de Steven Spielberg.

Son histoire fera l’objet de nombreux autres hommages de la part du monde du cinéma, à commencer par celui de Tim Burton, très inspiré par la portée symbolique de cet éléphant volant, et qui a souhaité mettre l’accent sur la capacité du héros à transformer la différence en force.  Dans 1001 Pattes (1998), le cirque voyage dans une boîte de gâteaux de la marque « Casey Jr Cookies » et surtout dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit ? (1988), on retrouve non seulement Dumbo (qui travaille « pour des cacahuètes » aux studios Maroon) mais également Casey Jr., qui circule dans Toontown – deux icônes que l’on retrouve tout naturellement dans les Parcs Disney.

 

UN JOUET EXTRAORDINAIRE

Situé au cœur de Fantasyland, non loin de Peter Pan’s Flight et de Mad Hatter’s Teacups, Dumbo the Flying Elephant offre à chaque visiteur la possibilité de prendre part à un étonnant numéro de cirque volant inspiré du film. L’attraction ressemble à un immense jouet mécanique équipé de 16 véhicules en forme de Dumbo. Quand Thimothée lève sa plume magique, le spectacle commence ! Les Dumbo se mettent à tourner dans le sens contraire des aiguilles d’une montre tandis que leurs pilotes peuvent s’élever dans les airs et changer d’altitude à l’aide d’un levier. Ils peuvent ainsi raser le bassin circulaire qui entoure la structure centrale ou bien voler à plus de 5 mètres au-dessus du sol et profiter ainsi d’une vue imprenable sur Fantasyland.

Mais la magie opère également pour les spectateurs : les couleurs des costumes des différents éléphants ont été réparties de manière à ce qu’elles s’enchaînent graduellement, et dans l’ordre des couleurs de l’arc-en-ciel. Un véritable spectacle pour les yeux.

Quant aux oreilles des visiteurs, elles sont également à la fête avec un florilège de marches de cirque arrangées pour fanfare, avec notamment la célèbre Entrée des Gladiateurs de Julius Fucik (1903-1943), qui avait en son temps inspiré certains arrangements du film original.

« LE TRAIN DU BONHEUR »

La seconde attraction de Disneyland Paris sur le thème de Dumbo est bien évidemment Casey Jr. – le Petit Train du Cirque, situé à Storybook Land. Elle réalise un rêve des premiers Imagineers : créer un train joyeux et énergique, proche d’une montagne russe, à l’image de celui présent dans le film original. Mais cela n’avait pas été possible à l’époque et Casey Jr. Circus Train, l’attraction de Californie, a été finalement conçue plus dans l’esprit du film de 1941, Les Secrets de Walt Disney, dans lequel Casey Jr. apparaissait pour la première fois, et ce de manière beaucoup plus placide et paisible que dans Dumbo.

Ouvert beaucoup plus tard, le 26 mars 1994, la version de Disneyland Paris est cette fois un hommage appuyé au film original. Il bénéficie d’une technologie plus avancée, permettant une vitesse plus importante et beaucoup plus de virages – sans pour autant rogner sur la douceur –, pour le plus grand plaisir des visiteurs de toutes générations. Autre différence par rapport à la version de Californie : la locomotive peut elle-aussi accueillir des passagers qui ont ainsi l’impression de conduire Casey !

Le voyage que propose Casey Jr. – le Petit Train du Cirque est en outre le complément idéal de celui proposé un peu plus bas, dans Le Pays des Contes de Fées. Sa position dominante permet en effet de profiter d’une vue plongeante sur les différentes scènes représentées dans l’attraction et même d’en révéler des aspects invisibles depuis les bateaux, comme le cimetière de la « Nuit sur le Mont Chauve » ou encore l’arrière du superbe château de la Bête.

Il permet également d’apprécier le travail remarquable du département horticulture en matière de taille des buissons et autres arbustes afin de jouer sur les échelles, en cohérence avec celle des miniatures croisées tout au long du parcours.

Cette attraction est aussi connue pour être la première de la destination à proposer une musique « embarquée » synchronisée avec le parcours, juste avant l’ouverture de Space Mountain : De la Terre à la Lune, l’année suivante. Mais là, point de musique « stellaire » : il s’agit tout naturellement de la chanson de Casey Jr. dans Dumbo, « Le Train du Bonheur ».

 

PARADE DE CIRQUE

Dumbo a été également évoqué à plusieurs reprises lors de différentes parades et spectacles de Disneyland Paris, et ce dès l’ouverture du Parc, en 1992, avec La Parade Disney Classique. On pouvait en effet y retrouver l’une des scènes emblématiques du film original, celle du premier envol de Dumbo « en public », du haut de sa tour enflammée, au son de la « Circus Parade » signée du compositeur Oliver Wallace. La même année, c’est Casey Jr. qui participait à la Main Street Electrical Parade, et faisait scintiller les allées du Parc à la nuit tombée. Il tractait un immense tambour lumineux portant le logo de la parade, et ce jusqu’en 2003.

En 1998 naissait la Parade du Monde Merveilleux Disney, avec son refrain désormais mythique, « Dancin’ (a catchy rhythm) », ses 13 chars inoubliables et ses 140 danseurs et artistes – un hommage en grande pompe aux grands classiques de l’animation Disney, dont Dumbo fait évidemment partie. Pour l’occasion, un tout nouveau char avait été construit : une version grandeur nature de Casey Jr., avec Dumbo perché sur la locomotive et quatre wagons. Un char spectaculaire, qui reste encore dans toutes les mémoires.

Enfin, en 2001, Disneyland Paris imaginait une création originale mi-parade, mi-spectacle avec Disney’s Toon Circus – l’occasion idéale de faire revenir Casey, cette fois paré des couleurs de l’événement, accompagné d’une ribambelle de clowns, acrobates et autres artistes de cirque qui investissaient Main Street, U.S.A.® pour le plus incroyable des happenings en plein air. Mickey y tenait lieu de Monsieur Loyal, Minnie de clown et Dingo de Monsieur Muscle. Un souvenir irrésistible et hilarant au son de l’Entrée des Gladiateurs, revisitée pour l’occasion et agrémentée d’une toute nouvelle mélodie « And now you enter the circus » chantée par un chœur d’enfants.

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